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David Axelrod on The Daily Show by Jon Stewart

Commenting on his new book Believer and health care reform

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On April 18th, David Axelrod, the mindmeister behind Obama’s rise from state senator to Senator, to President in a decade, announced on a Youtube video he would be joining Ed Miliband campaign as  »senior strategic advisor ».

Axelrod will be joining the community organizing efforts initiated by Arnie Graf, to help the Labor canvass the country. The former Senior Adviser in President Obama’s White House will arrive on May 14 in London for two days of strategy meetings with Mr Miliband, Harriet Harman, and other senior Shadow Cabinet members. Senior figures in AKPD Message & Media, Axelrod’s company, including veterans from the Obama for America campaign Larry Grisolano and Mike Donilon,  will further strengthen Labour’s campaign with their expertise.

Axelrod will also have to deal with the attacks of Lynton Crosby, but also with the skills of Jim Messina, recently hired by the Tories to level up Cameron’s campaign.

Given the stakes, UK is now an international battlefield. It is not uncommon for American consultants to enter the fray of British politics. As prime minister, Tony Blair was heavily influenced by veterans of the Clinton administration, including pollster Stan Greenberg, who continues to work for Labor.But it is unusual for a sitting American president to have two of his most prominent former campaign gurus working on opposite sides of an election that will determine who leads the government of Washington’s closest ally.

The game will be to secure Miliband’s lead in the polls, despite flak from the Tories but also his own party, days before the 2015 General elections. The whole world is gonna be watching.

Stay tuned!

 

PHIL NOBLE (PoliticsOnline)

on the Obama 2012 Campaign

Réalisation : Aurélien Raspiengeas – Campaign Overlooks

FACES OF THE 2012 CAMPAIGN

Rétrospective 2012 : Retrouvez les Visages de la campagne sur Flavors.me

Raspiengeas Faces of the campaign

REGARDS SUR LA CAMPAGNE US

LE DECRYPTAGE DE LA CAMPAGNE 2012

PAR LES PROFESSIONNELS DE LA COM & DE LA POLITIQUE

L'élection décryptéeRegards sur la campagne US / Campaign Overlooks (Aurélien Raspiengeas)

L’élection décryptée
Regards sur la campagne US / Campaign Overlooks (Aurélien Raspiengeas)

Retrouvez la chaîne Campaign Overlooks sur Youtube

Retrouvez la chaîne Campaign Overlooks sur Youtube

2e DEBAT PRESIDENTIEL :

B.O. VAINQUEUR PAR K.O.

STYLE VS. SUBSTANCE : UN 1er DEBAT CHOC

Obama et Romney se sont donc rencontrés le 3 octobre sur PBS pour leur 1er duel télévisé à Denver, Colorado. Alors que Romney avait débattu à plus de 20 reprises contre ses adversaires républicains lors des primaires, Obama n’avait pas affronté la contradiction en débat depuis 2008. Suivi à la télévision par plus de 67 millions de personnes, deux fois plus que les conventions, cet évènement a été également le plus twitté de l’histoire du site de micro-blogging, avec plus de 10 millions de tweets en 2 heures. A titre comparatif, le débat Hollande-Sarkozy avait enregistré 500.000 tweets, autant que les 4 débats Obama-McCain, en 2008.

Salué sur le style dans la presse pour son énergie et sa combativité, Romney a été attaqué de toutes parts sur le fond par les fact-checkers pour ses libertés avec la vérité des faits, comme avec ses prises de positions antérieures. Pour Joe Klein, de Time, Obama a signé « la prestation la plus inepte de toute sa présidence », mais pour Paul Krugman, du New York Times, Romney, « profondément malhonnête », a trompé le public et la confiance des électeurs.

Le fait marquant du débat de Denver est ce recentrage opportuniste de Romney, qui s’est fait tout le long du débat l’apôtre de la régulation financière, le défenseur des pauvres et des classes moyennes, dans une tentative de trianguler son adversaire, tout en tournant le dos à la base radicale du Grand Old Party, confirmant sa réputation de caméléon à l’extrême flexibilité politique.

Comme pour le 1er débat Nixon-Kennedy, deux lectures s’affrontent selon le média (radio et télévision en 1960, télévision et Internet en 2012), pour sacrer le vainqueur de la soirée : même si Romney semble avoir rattrapé son retard, Obama a remporté le bras de fer sur la Toile. La force de réaction rapide démocrate sur les réseaux sociaux ne s’y est d’ailleurs pas trompée, en déployant massivement son post-debate spin à travers des vidéos, des infographies et du online advertising.

Dans les sondages, l’écart s’est resserré entre les deux candidats, Obama subissant le contrecoup du débat, sans toutefois perdre son ascendant, décisif au soir du 6 novembre, dans les swings States (Ohio 48-45, Floride 48-47), et en creusant également l’écart dans des segments stratégiques de l’électorat (les femmes : +18, les jeunes : +16, les minorités : 60-30 en moyenne).

WALL STREET, MAIN STREET et SESAME STREET : LA NOUVELLE DIVISION DE L’ELECTORAT

En déclarant lors du débat “J’arrêterai de subventionner le Public Broadcasting System, même si j’aime BigBird, car je ne vais pas continuer à emprunter de l’argent à la Chine pour payer des choses non essentielles”, Romney a enflammé le Web. BigBird, ce grand oiseau jaune est une marionnette historique de la très populaire série ‘Sesame Street’, programme éducatif pour enfants diffusé sur PBS depuis les années 70. En quelques heures, BigBird a atteint une popularité record et s’est retrouvé érigé en symbole des atteintes aux services publics et des sacrifices prônés par les républicains.

Au-delà du « zinger« , de la petite phrase, Romney a touché une corde sensible de l’imaginaire, un point de rupture de l’électorat américain : l’individu contre la collectivité, le marché contre l’État-providence, le privé contre le public, le Small Government contre le Big Government, les 1 % contre les 47 %…

Depuis des mois, en effet, la campagne se joue (aussi) sur cette ligne de fracture entre un candidat démocrate opposé au laisser-faire, accusé de conduire le pays vers le socialisme et d' »importer la sclérose européenne », et un candidat républicain apôtre de l’autorégulation et de la main invisible du marché. Le temps de l’Amérique bipartisane, réconciliée, a fait long feu. Avec 7,8 millions de chômeurs, 49 millions de pauvres, et 1 Américain sur 7 dépendant de l’aide alimentaire, la crise a fragilisé le dogme libéral du non-interventionnisme fédéral, et rendu les Américains plus sensibles aux questions de solidarité, d’équité et de redistribution…

RETOUR SUR LES CONVENTIONS

Voir la présentation

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ROMNEY-RYAN EN ROUTE POUR UNE CAMPAGNE CONSERVATRICE

Samedi 11 août, Mitt Romney a finalement désigné Paul Davis Ryan comme colistier.

Leader idéologique des Républicains à la Chambre des Représentants,  président de la Commission des Affaires budgétaires, et auteur controversé, en avril dernier, du projet de budget du Parti Républicain pour 2012, une feuille de route pour réduire drastiquement l’étendue de l’Etat-providence, Ryan sera jugé sur trois critères : sa loyauté, sa capacité à faire basculer un État clé, à incarner et renforcer le positionnement du candidat sur les thèmes les plus essentiels de sa campagne. Clivant, Ryan est également censé contrebalancer dans l’opinion l’image encore mitigée de Romney, jugé trop centriste, privilégié, et défensif.

Pour les observateurs, si le choix de Paul Ryan est un pari audacieux, qui permet de recentrer l’opinion sur les questions de la dette et du déficit, points noirs du bilan d’Obama, c’est aussi un pari risqué, tant Romney paraît céder à son aile droite, à la frange la plus conservatrice, héritière des Tea Party. Si Romney gagne, la présence de Ryan à la Maison Blanche devrait l’aider à garder ces irréductibles sous contrôle. S’il perd, sa défaite sera aussi la leur et une chance peut-être pour le parti conservateur de se rappeler que les élections se gagnent généralement au centre.

Pour de nombreux journalistes, Romney  joue là une carte dangereuse, qui offre un boulevard aux Démocrates : chiffon rouge pour la gauche américaine, Ryan va certes susciter l’enthousiasme chez les conservateurs purs et durs, mais il va aussi détourner les indépendants, lassés par l’obstruction systématique des Républicains au Congrès, tout en consolidant la base du Président.

Fidèles à leur réputation, les « trackers » démocrates ont déjà mis en ligne un site dédié (www.meetpaulryan.com) et publié plus de 300 pages d’enquête approfondie sur Ryan, pour donner une longueur d’avance aux journalistes d’investigation, et les mener sur les bonnes pistes.

LA CAMPAGNE AMERICAINE : UNE HISTOIRE DE GROS SOUS

Comme en 2008, Obama tente d’enfermer son adversaire dans le camp des ultralibéraux et des dérégulateurs. Le refus de Romney de divulguer l’état de son patrimoine, de ses placements offshore et de ses impôts ne plaide pas en sa faveur : avec une fortune estimée à 250 millions de dollars, ce qui en ferait l’un des candidats les plus riches de l’histoire politique américaine, ses comptes en Suisse, au Luxembourg et aux Iles Caïmans, son taux d’imposition de 13%, là où les classes moyennes en paient autour de 25%, Romney apparait comme le candidat des riches, de la finance et des lobbies.

À voir : la publicité négative ‘Firms‘, un modèle du genre, particulièrement agressif.

Le soutien par ailleurs ostentatoire de Sheldon Adelson, 3e fortune américaine, empereur des jeux, de Las Vegas à Macao, fait les affaires, au moins sur le plan médiatique, des Démocrates, qui ont trouvé en lui une cible facile pour mobiliser leur électorat, l’accusant en sous-main de financer la campagne américaine avec des fonds étrangers, et de « blanchir l’argent de la prostitution chinoise ».  Face à ce vent de contre, à ce storytelling efficace de la Maison-Blanche, qui exploite toutes les faiblesses révélées lors des primaires républicaines, Romney paraît depuis plusieurs mois incapable de construire un momentum, et à la peine pour contrer les accusations d’opacité qui entourent sa fortune et sa réussite. « Romney est le candidat le plus dissimulateur depuis Richard Nixon », a ainsi osé, dans une allusion transparente, Stephanie Cutter, directrice adjointe de campagne

De meetings locaux en soirées de fundraising, Mitt Romney a cependant récolté pour le 3e mois consécutif plus que les Démocrates, ce qui le place en situation avantageuse pour organiser des déplacements, mieux structurer ses équipes dans les Swings States, dégainer des campagnes de pub, mais aussi pour accumuler la puissance de feu nécessaire au bouquet final d’octobre. Côté sondages, à la faveur d’un léger regain de confiance des électeurs dans l’économie, les pollsters donnent un avantage modeste mais persistant à Obama, plus net dans les Swings States, ces Etats faiseurs de rois.

UN NOUVEL AGE D’OR DE L’ « ELECTIONEERING », L’INGENIERIE ELECTORALE

Distancés depuis mai sur le front du fundraising, qui avait pourtant constitué l’un des hauts faits d’armes d’Obama en 2008, les Démocrates s’évertuent à répliquer sur un autre terrain : celui du croisement des gigantesques fichiers électoraux et commerciaux, mais aussi des données extraites des réseaux sociaux ou récoltées hors ligne, grâce au quadrillage méthodique des 50 Etats par des milliers de volontaires.

Avec leur projet confidentiel « Narval », destiné à casser l’organisation en silos, à connecter des milliers de bases de données éparpillées, les Démocrates travaillent –avec d’autant plus de frénésie que l’échéance se rapproche – à renforcer leur ascendant digital. Le raffinement permanent de ce fichier monumental (plus de 170 millions d’électeurs potentiels, 13 millions de supporters en ligne, 3 millions de donateurs et autant de volontaires) permet une maximisation de l’efficacité du porte-à-porte, une personnalisation des messages et un ciblage comportemental de plus en plus efficace, pour mieux toucher des segments-clés de l’électorat tout en jouant sur l’effet de levier d’une audience par nature réceptive, régulièrement exposée à des éléments de langage sur mesure (« tailored messages »). A terme se profile la possibilité d’aboutir à une « fiche d’identité politique » pour chaque électeur.

Encore trop attachés aux campagnes mail et TV, les Républicains, semblent ne pas avoir rattrapé la longueur de retard de John McCain dans l’analyse approfondie de ces « Big Data », certainement l’un des facteurs les plus importants de cette campagne.

TOURNANT D’IMAGE DANS LA CAMPAGNE US

Toujours aussi souple et réactive, l’équipe Obama profite de la suspension de la campagne, après le massacre d’Aurora pour entamer une seconde phase de la campagne estivale : après une période agressive où les Démocrates ont accablé Romney d’attaques sur son passé de spéculateur, le ton est désormais à l’apaisement et au retour des thèmes positifs de 2008. L’Amerique, « united as one family« …

ROMNEY SOUS LE FEU DES DEMOCRATES

L’analyse de Rahm Emanuel, maire de Chicago

ROMNEY BIENTOT INVESTI PAR LES REPUBLICAINS

• 1144, c’est le chiffre magique atteint fin mai par Mitt Romney, soit le nombre de délégués nécessaire à l’investiture par le Grand Old Party. Le candidat républicain est désormais assuré d’être investi lors de la convention nationale du 27 août à Tampa, en Floride. Parmi les derniers adversaires en lice, le candidat indépendant texan Ron Paul est crédité de 10 % des voix, l’ultraconservateur Rick Santorum de 7 %, et Newt Gingrich de 5 %, selon CNN.

A ce stade, le Boston Globe estime que Mitt Romney souffre encore des mois de « violentes empoignades » avec ses rivaux, durant les Primaires. Le grand chantier du candidat est donc désormais de remobiliser la base du parti et de conquérir les électeurs qui ne lui sont pas acquis, notamment les femmes et les minorités.

• L’avance de Mitt Romney est aujourd’hui si importante que les médias américains préfèrent dans leur grande majorité se concentrer sur les enjeux de la campagne, et en particulier sur les récents développements de son financement. Coté finances en effet, l’inquiétude grandit chez les Démocrates face au déluge de dollars déversés par les lobbies en faveur de Romney. En mai, Romney a en effet dépassé pour la première fois Obama au niveau des contributions mensuelles directes (76 millions $ contre 60). La campagne de fundraising en ligne s’intensifie donc, de même que les appels à ne pas être dépassé (« outspent ») par le candidat républicain. Dans un message récent à ses supporters, Obama a clairement posé les termes du bras de fer financier et électoral : « The Romney campaign raises more than we do, and the math isn’t hard to understand: Through the primaries, we raised almost three-quarters of our money from donors giving less than $1,000, while Mitt Romney’s campaign raised more than three-quarters of its money from individuals giving $1,000 or more. We can be outspent and still win — but we can’t be outspent 10 to 1 and still win ». Dix neuf semaines avant l’élection présidentielle, Barack Obama et Mitt Romney ont déjà 1,2 milliards de dollars. Un record absolu dans l’histoire des élections américaines.

OBAMA EN CAMPAGNE : APRES LE CHANGEMENT, LE MOUVEMENT

A la place du « changement », le président-candidat propose aujourd’hui le « mouvement » : aller de l’avant, par opposition au retour en arrière que représenterait la politique économique et sociale des Républicains : « Not back ! », supplient les inscriptions au revers des panneaux « Forward » des supporters du Président. Reprenant la métaphore automobile déjà largement utilisée pendant les mid-terms de 2010, les stratèges de la Maison Blanche tentent de raviver la flamme de 2008 et de conjurer le spectre de la campagne des législatives 2010 qui avait semblé marquer le pas, victime selon la presse d’un « enthusiasm gap », après la démonstration de ferveur de 2008.

• La nostalgie fonctionne à plein : la musique reprend les mêmes notes que celle de 2008. Le numéro où s’inscrire pour recevoir les SMS de campagne est toujours le 62262. Et l’on revoit même Edith Childs, sur l’écran géant, qui raconte une nouvelle fois dans un clip web comment elle a inventé le slogan de 2008, « Fired up ? Ready to go » (« Mobilisés ? Prêts à y aller »), un jour de pluie et de démobilisation de l’équipe de campagne, en Caroline du Sud.

• Si un sondage diffusé mercredi 20 juin par Bloomberg donne 13 points d’avance à Barack Obama sur Mitt Romney dans les intentions de vote, tous les autres sondages récemment publiés prédisent au contraire un scrutin serré entre le président sortant et son adversaire républicain.

Après une première phase lyrique et positive, Obama s’est donc laissé convaincre d’aborder maintenant la campagne en mode offensif. Il est parti très tôt : il attaque aujourd’hui de front, selon le précepte qui veut que l’adversaire soit « défini » avant l’été, de sorte qu’il passe l’automne à essayer de se débarrasser de l’image négative qui lui a été collée (en l’occurrence, celle d’un vautour de la finance et d’un capitaliste sans cœur, un slogan parfait pour la base démocrate). D’habitude, les présidents sortants attendent la fin de l’été : à ce stade, George Bush ne prononçait encore que rarement le nom de son rival John Kerry.

LES DERNIERS “COUPS” MEDIATIQUES

• OBAMA ET SES « GUERRES SECRETES »

Depuis plusieurs semaines, la Maison Blanche est accusée de divulguer à la presse des informations classifiées sur plusieurs programmes secrets des services de renseignement : les cyberattaques menées avec l’aide d’Israël contre le programme nucléaire iranien, notamment, et la politique d’élimination des agents d’Al-Qaida par drones interposés, du Pakistan à la Mauritanie. Selon Charles Krauthammer, fameux chroniqueur conservateur du Washington Post, les informations obtenues par The New York Times auprès d’une trentaine d’anciens ou actuels conseillers du Président ne sont pas des fuites, mais des communications officielles, orchestrées de manière à créer une image différente du président. « La carte du tueur de Ben Laden a été trop jouée, en voici une nouvelle : celle d’Obama le guerrier des drones, donnant la mort au cours d’expéditions contre le reste d’Al-Qaida. Le pacifiste, lauréat du prix Nobel de la paix est maintenant devenu – juste à temps pour la campagne de 2012 – Zeus le vengeur, frappant en des attaques lumineuses. »

• LE « DREAM ACT », ULTIME MANIFESTATION D’UN INTENSE CIBLAGE ELECTORAL

Jusqu’ici, les candidats avaient ciblé les femmes, les homosexuels, la communauté noire. Avec le « Dream Act » (l’acronyme pour ‘Development, Relief, and Education for Alien Minors’), Obama cible la communauté latino, composante essentielle du « Rising American Electorate » (RAE). Les Hispaniques trouvaient en effet jusqu’ici que le Président n’avait rien fait pour eux depuis 2009 : Obama va pouvoir mobiliser les jeunes, dont il a besoin pour organiser les quartiers et « faire sortir » les électeurs le 6 novembre prochain (get out the vote), dans la dizaine de « Swing States », des Etats-clés où leur poids électoral peut faire basculer l’élection. En même temps, Obama change le sujet de conversation, coupe court aux leçons d’économie de Romney, et divise les républicains. Le Président aurait sans doute préféré jouer cette carte plus tard dans la campagne, mais Romney, qui, comme sur les droits des femmes, avait pris des positions extrêmement radicales pendant les primaires, a été désarçonné et a semblé incapable d’opérer un recentrage sur l’immigration. Il s’est cantonné à déclarer que le décret pris par Obama rendait « plus difficile une solution à long terme ». En fait son équipe était divisée: certains ayant le fait le calcul qu’un geste envers les « Dreamers » lui couterait plus de voix au sein de l’aile droite du parti qu’il ne lui en ferait gagner chez les Latinos. Une semaine après le décret de la Maison Blanche, destiné à contourner l’obstruction du Congrès, l’équipe de Romney n’était toujours pas parvenue à accoucher d’une position claire sur le sujet.

A voir : le « campaign update » de juin 2012, pour tout comprendre de la stratégie de conquête de Swing  States.

OBAMA TRUTH TEAM

LES PARTIS INTERNALISENT LE FACT-CHECKING

“THE ROAD WE’VE TRAVELED”

LA NOUVELLE SUPERPRODUCTION DEMOCRATE : UN COUP DE RETROVISEUR SUR LE MANDAT ECOULE, VU PAR TEAM OBAMA

L’équipe de campagne d’Obama a lancé hier soir un webdocumentaire sur les coulisses du premier mandat du président-candidat. Dirigé par le réalisateur du documentaire écolo d’Al Gore, « An inconvenient truth », le webdocumentaire démocrate retrace le chemin parcouru par l’administration Obama depuis 2008, et dresse le portrait d’un président en action, au coeur des décisions impactant l’avenir des Etats-Unis. De David Axelrod, senior strategist, à Joe Biden en passant par Rahm Emanuel, l’ancien directeur de cabinet devenu maire de Chicago, le film donne la parole à ceux et celles qui ont vécu ces quatre dernières années au coeur du réacteur, et revient sur une série d’images iconiques comme sur les moments les plus forts du mandat : déclenchement de la crise économique, réforme de l’assurance maladie, sauvetage de l’industrie automobile et élimination de Ben Laden.

Davis Guggenheim s’était déjà illustré aux côtés d’Obama en réalisant fin 2008 « American Stories, American Solutions », une superproduction de 30 minutes qui avait noyé les ondes à moins d’une semaine du scrutin, alors que John McCain se trouvait à court de financement.

Le Parti Démocrate a lancé à travers tout le pays un appel à visionner le webdocumentaire en famille, entre amis ou entre sympathisants. Un appel voilé et adroit à la mobilisation et au recrutement.

De son côté, la campagne de Newt Gingrich a mis en ligne elle aussi une biographie de 16 minutes, « Rebuilding the America We Love », retraçant son enfance, son éducation, ses valeurs et son parcours. Où l’on apprend que le jeune Newt rêvait de devenir gardien de zoo, et qu’il doit son inspiration politique à une visite de Verdun, en 1958…

De plus en plus éclipsé par Santorum, particulièrement son succès aux primaires du Mississippi et de l’Alabama, mardi 13 mars, Newt Gingrich tire depuis quelques semaines ses dernières cartouches. Quelle que soit l’issue des primaires, il a promis de rester dans la course jusqu’à la convention républicaine, fin août 2012.

Sur le terrain, Obama multiplie de son côté au pas de course les déplacements dans les universités, les usines et les bases militaires, afin de ramener au bercail des segments stratégiques de son électorat, séduire les indépendants et conquérir une grande partie du rising american electorate.

Pour encore plus de proximité, pour combler le fossé entre online et offline, et pour réinjecter du sens et du temps dans la campagne, l’équipe du candidat organise très régulièrement des diners entre des Américains ordinaires et le couple présidentiel.

LA PRESIDENTIELLE FRANCAISE DANS LA ROUE DES AMERICAINS

Cette tactique a été récemment reprise par le PS et l’UMP. Alors qu’au PS, on invite les internautes à s’inscrire sur le site officiel pour échanger autour d’un verre avec le candidat –et au passage faire grossir la base de données du candidat socialiste-, à l’UMP, des « déjeuners avec des personnalités locales » sont privilégiés, au fil des déplacements.

Partagez au choix « un café avec François Hollande »

ou un diner dans une brasserie populaire avec le Président

Pour doubler cette opération de proximité, plusieurs ténors du PS ont déjà commencé à montrer l’exemple en faisant eux-mêmes du porte-à-porte, notamment dans les quartiers populaires.

On assiste ainsi, en même temps qu’un intérêt grandissant pour les ficelles de com des candidats, à une augmentation de la visibilité de la campagne terrain, de part et d’autre de l’échiquier.

SUPER TUESDAY

ROMNEY L’EMPORTE MAIS NE CONVAINC PAS : LES REPUBLICAINS TOUJOURS EN QUETE D’UN LEADER

Dix Etats ont voté mardi 6 mars, dans l’ordre alphabétique : l’Alaska, le Dakota du Nord, la Géorgie, l’Idaho, le Massachusetts, l’Ohio, l’Oklahoma, le Tennessee, le Vermont et la Virginie.

Dans la tradition présidentielle US, depuis le 1er « Super Tuesday », en 1988, le candidat qui emporte le plus de délégués lors du 1er mardi de mars ou de février est à peu près assuré de remporter la nomination.

En remportant six Etats sur dix, mardi 6 mars, Mitt Romney est apparu comme le vainqueur de cette étape déterminante dans la course à l’investiture républicaine mais il a échappé de trop peu à un désaveu de l’électorat républicain pour s’imposer réellement comme l’incontestable favori. Depuis le début de la primaire républicaine, le mormon millionnaire ne réussit pas à s’imposer au sein des votants conservateurs. Rick Santorum a sécurisé son statut d’outsider : il a ainsi réalisé 37% dans l’Etat le plus stratégique de l’Ohio, un point derrière Romney, qui ne doit sa victoire qu’à 1200 voix d’écart. Newt Gingrich est loin derrière (15%) et Ron Paul ne rassemble que 9% des suffrages.

L’histoire a démontré que pour avoir une chance de gagner la présidentielle américaine, il fallait remporter l’Ohio. La victoire poussive et fragile de Romney, et la division profonde de l’électorat conservateur laissent présager d’autres primaires serrées. L’espoir de Rick Santorum, qui semble accrocher l’intérêt des électeurs peu séduits par un multimillionnaire trop souvent en décalage avec la classe moyenne, est que Gingrich finisse par sortir du jeu, pour lui permettre de rassembler toute la nébuleuse conservatrice, aujourd’hui capricieuse et éparpillée. La tentation guette d’un soutien à un « third-party candidate » qui couperait en deux l’électorat républicain et assurerait à Obama une réélection confortable.

LE PARTI REPUBLICAIN EN PLEINE CRISE D’IDENTITE

La soirée électorale de lundi s’est achevée sur le constat qu’aucun challenger ne se dégageait clairement parmi les prétendants à la succession d’Obama.

Si Romney est apparu souvent maladroit, peu convaincant, et coupé des réalités du pays, la réalité est que le parti a beaucoup changé depuis la défaite de McCain, se droitisant sous l’influence des idées du Tea Party, divisant le parti entre un courant modéré et un courant ultra.

Depuis les midterms de 2010 en effet, le mouvement Tea Party a acquis une force de frappe impressionnante : il contrôle 47 sièges sur 100 au Sénat, 242 sièges sur 435 à la Chambre, 29 sièges de gouverneurs sur les 50 que comptent le pays, et 1 001 sièges sur 1 921 dans les assemblées locales – qui contrôlent le redécoupage électoral.

Les réserves de l’électorat Tea Party sur la candidature de Romney, mormon et modéré, ont empêché le « favori par défaut » d’étouffer toute concurrence, et rendu encore plus fragile sa victoire éventuelle. En termes de délégués –il en faut 1144 pour décrocher la nomination-, Romney dépasse désormais les 350, contre environ 150 à Santorum, 90 à Gingrich et 60 à Paul.

Avec une campagne qui se transforme en course de fond, un cap résolument à droite (immigration, religion, contraception), et des attaques qui se multiplient, certains républicains s’inquiètent. Barbara Bush, 86 ans, a jugé que la primaire républicaine était «la pire» qu’elle ait jamais vue. « C’est comme si le candidat républicain était choisi par érosion » a confié Jon Stewart, star des late night shows. « Ce qui va nous définir, c’est avec qui on va choisir de perdre » a quant à lui résumé l’ancien speechwriter de Bush.

La situation fait indéniablement les affaires de la Maison Blanche : alors que les sondages peu favorables à Romney se multiplient,  les indicateurs économiques s’améliorent et avec eux  la côte d’amour du président.

LE DISCOURS SUR L’ETAT DE L’UNION

et la campagne digitale de la Maison Blanche pour contrer l’attention portée aux caucus républicains…


AN AMERICA BUILT TO LAST : LES GRANDS MESSAGES DU DISCOURS SUR L’ETAT DE L’UNION
Pour la troisième fois depuis le début de son mandat, Obama a prononcé son Discours sur l’Etat de l’Union devant le Congrès.
Dressant un parallèle entre le retour des soldats de la Seconde Guerre mondiale et ceux d’Irak, Obama a appelé tous les Américains, et tous les membres du Congrès, à travailler ensemble pour reconstruire l’Amérique (« do nation-building here at home »), relocaliser les industries et rapatrier les emplois. Il a également annoncé le redéploiement des avantages fiscaux en faveur des entreprises privilégiant l’embauche sur place, favorisant la formation à toutes les étapes de la vie et investissant dans l’innovation énergétique.
Au programme d’un Obama clairement candidat : booster la production « made in USA », revoir à la hausse la taux d’imposition des millionnaires (allusion à peine voilée à la déclaration d’impôt controversée de Mitt Romney, qui vient de remporter haut la main la Floride et que la Maison Blanche continue à voir comme l’adversaire le plus dangereux du président), et renforcer l’équité fiscale comme les sanctions contre la délinquance financière pour rassurer son aile gauche.

Les derniers mots du Discours, un peu de storytelling sur la traque de Ben Laden :
“One of my proudest possessions is the flag that the SEAL Team took with them on the mission to get bin Laden. On it are each of their names. Some may be Democrats. Some may be Republicans. But that doesn’t matter. Just like it didn’t matter that day in the Situation Room, when I sat next to Bob Gates – a man who was George Bush’s defense secretary; and Hillary Clinton, a woman who ran against me for president.

All that mattered that day was the mission. No one thought about politics. No one thought about themselves. One of the young men involved in the raid later told me that he didn’t deserve credit for the mission. It only succeeded, he said, because every single member of that unit did their job – the pilot who landed the helicopter that spun out of control; the translator who kept others from entering the compound; the troops who separated the women and children from the fight; the SEALs who charged up the stairs. More than that, the mission only succeeded because every member of that unit trusted each other – because you can’t charge up those stairs, into darkness and danger, unless you know that there’s someone behind you, watching your back.

So it is with America. Each time I look at that flag, I’m reminded that our destiny is stitched together like those fifty stars and those thirteen stripes. No one built this country on their own. This Nation is great because we built it together. This Nation is great because we worked as a team. This Nation is great because we get each other’s backs. And if we hold fast to that truth, in this moment of trial, there is no challenge too great; no mission too hard. As long as we’re joined in common purpose, as long as we maintain our common resolve, our journey moves forward, our future is hopeful, and the state of our Union will always be strong.
Thank you, God bless you, and may God bless the United States of America”.

THE 2012 STATE OF THE UNION – HIGHLIGHTS
> Les grands moments du Discours ici
> SOTU Enhanced version
Pour prolonger ce Discours sur l’état de l’Union, la Maison Blanche a mis en ligne le jour même sur sa chaine YouTube une version de l’intervention dopée avec des graphiques et chiffres clés pour appuyer la démonstration. Le dispositif avait déjà été testé lors du State of the Union 2011.


EN LIGNE / OBAMA & LA GOOGLE POLITICS
Après avoir délivré son Discours sur l’état de l’Union, Obama a une nouvelle fois répondu aux questions des internautes sur YouTube, le 30 janvier.
Comme lors des sessions précédentes, les utilisateurs de la plateforme de vidéos ont voté pour les meilleures contributions. Mais avec une originalité cette année : la Maison Blanche a utilisé Hangout, la nouvelle solution de vidéo-chat du réseau social concurrent de Facebook, Google+, pour discuter en direct avec les contributeurs les plus méritants. Cinq Américains ont pu ainsi prendre part au débat, dont un vétéran sans domicile fixe et un membre du mouvement Occupy.
Si la forme était différente cette année, le fond de cette nouvelle édition de « Your Interview with the President » reste le même : débriefing du SOTU, questions sur l’économie et la création d’emplois, ou la défense des petites et moyennes entreprises…

L’année dernière, Barack Obama avait reçu l’équipe de Youtube pour une session de questions-réponses en vidéo. Le staff du 2e moteur de recherche mondial avait pioché dans près de 140 000 contributions pour n’en retenir qu’une vingtaine. Un record que le site de partage de vidéo a largement dépassé pour l’édition 2012 : la perspective de tester Hangout en direct avec le président, a suscité l’intérêt des supporters de président et l’engouement des « tech-savvy » pour ce dispositif -déjà utilisé par Newt Gingrich et Mitt Romney dans leur course à la nomination républicaine- : plus de 200 000 internautes ont joué le jeu en postant leurs questions sur le site de la Maison Blanche et la page dédiée de Google.

La Maison Blanche vient également de se doter d’une page sur Google+. Elle l’alimente en vidéos et en photos produites par l’équipe-web du président, qui invite les membres à commenter ces activités et engager le débat avec ses experts dans le cadre du programme ‘Advise the advisers’.
Toujours soucieux de garder « l’ascendant numérique » sur le Parti Républicain, les Démocrates ont également investi Instagram et misent également sur la photo 3d. Ces outils devraient être largement déployés lors de la démonstration de force qui suivra la nomination du candidat du GOP, d’ici fin février.

SUR LE TERRAIN / LES ‘WATCH PARTIES’ DEMOCRATES
Afin de mobiliser et de galvaniser leurs troupes, les Démocrates ont organisé à travers tout le pays des « watch parties », rassemblements de tous les volontaires, et formidable opportunité de recrutement d’indécis.
Ce dispositif a d’ailleurs été récemment repris par le Front de Gauche pour l’intervention de Jean-Luc Mélenchon sur France 2 lors de l’émission ‘Des Paroles et des Actes’.

MSNBC: Newt Gingrich leads Mitt Romney among Republicans, but he is the weakest of the Republican candidates tested against President Obama, according to an NBC News-Wall Street Journal poll released Thursday evening.

Gingrich leads Romney 37 percent to 28 percent nationally among registered Republicans likely to vote in the primaries; Rick Santorum is in third with 18 percent, and Ron Paul is fourth with 12 percent.

…. Romney fares best against the president, trailing Obama by six points among registered voters, 49 percent to 43 percent. That’s a four-point improvement for the president from a month ago.

Obama, however, beats Gingrich by a whopping 18 points, 55-37 percent, expanding the president’s 11-point lead a month ago.

OBAMA2012 :

LES DERNIERS SONDAGES 2011

MITT ROMNEY,
the story of two men trapped in one body

Face à la percée de Newt Gingrich, le candidat idéal des Tea Party, la Maison Blanche s’active pour
décrédibiliser l’autre favori, Mitt Romney, le placer face à ses contradictions et au passage tirer le
Parti Républicain vers sa frange la plus dure et la plus populiste.
Dans la veine des mini-sites qui prolifèrent en ce moment, les démocrates viennent de lancer un
negative website, “Mitt vs. Mitt“, pour attaquer Romney sur sa réputation de ‘flip-flopper’.

LE DISPOSITIF
> Un mini site basique (seulement une page d’accueil, pas de pages secondaires)
> une tagline forte : “The story of two men trapped in one body”
> une vidéo de 4mn destinée à être relayée sur les réseaux sociaux, reprenant quelques unes des
pires déclarations télévisées de Mitt Romney, et les analyses des journalistes sur sa campagne, avec
une voix off pour renforcer le trait.
> un email envoyé à toute la base de données démocrate pour gonfler la fréquentation au moment
du lancement du mini-site.


Le texte d’accueil de la home page :
“Mitt Romney, unparalleled flip-flopper, has proved he is his own toughest opponent on the issues.
The one thing Mitt and Mitt can agree on ? That they want to be president—so Romney will say and
do whatever it takes to get elected, no matter how contradictory.
“Experts are predicting kind of a tough fight between Romney and his biggest ideological opponent:
Mitt Romney from four years ago. Those guys don’t agree on anything.”
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OBAMA 2012 :
OPERATION “ONE MILLION STRONG”

> Suite de l’opération ‘One Million Strong’, en réponse aux articles du NYT.
La campagne d’Obama vient d’atteindre le million de « petits donateurs » (250$ de don maximum), soit déjà 3 fois plus de contributeurs qu’à la même époque en 2008.

La campagne d’Obama vient d’atteindre le million de « petits donateurs » (250$ de don maximum), soit déjà 3 fois plus de contributeurs qu’à la même époque en 2008.

LA « DATA TEAM » : POUR UNE CAMPAGNE ENCORE PLUS SOPHISTIQUEE
La grande innovation de la campagne Obama, par rapport à 2008, est la place accordée aux statistiques : la gestion de la base de données (plus de 13 millions d’adresses en 2008) est désormais scientifique, « metrics-driven », permettant une cartographie beaucoup plus fine de l’électorat et de ses caractéristiques, et garantissant donc un ciblage plus précis de la population autant qu’elle renforce la portée des messages de l’équipe de campagne.

DE NOUVEAU EN AVANCE SUR L’ANALYSE DES TENDANCES
En 2010, dans sa première vidéo de Strategy Briefing, Jim Messina, campaign manager, avait promis une campagne fidèle à la stratégie d’innovation et de « socialization » adoptée en 2008, mais désormais davantage axée sur l’évaluation drastique de la « productivité » des réseaux sociaux et des nouveaux médias : « We’re gonna measure every single thing in this campaign…we can hold you accountable, you can hold us accountable. We have to grow, measure and adapt ».

En 2011, les chiffres qui marchent et qui marquent :
– 370 201 : le nombre de donateurs à la même époque, en 2008
– 189 : nombre de jours d’avance sur le calendrier (pour atteindre le million de donateurs)
– 545 425 : nombre de citoyens contribuant pour la première fois à la campagne, par rapport à 2008
– 22 340 : nombre de donateurs “parrainés” par les militants de terrain

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THE “21st CENTURY STATECRAFT”

Interview with Alec Ross, Senior Advisor for Innovation to US Secretary of State Hillary Clinton

Accéder à l’interview
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PRESIDENTIELLES 2012 : OBAMA 2.0

PROFILES IN CAMPAIGN
JIM MESSINA, 41 ans,  adjoint de Peter Rouse, secrétaire général de la Maison Blanche depuis le départ de Rahm Emanuel, vient tout juste de reprendre les habits de David Plouffe, campaign manager de 2008, qui a repris lui aussi ses quartiers à Washington, cette fois-ci comme senior advisor. Comme il l’avait déjà fait pour les élections de mi-mandat, en 2010, Jim Messina est chargé de coordonner les efforts démocrates dans la perspective des élections présidentielles de l’année prochaine.
“Si nous faisons la même campagne, nous avons de bonnes chances de perdre. En 2012, nous pouvons renvoyer 2008 à la Préhistoire en réinventant la campagne“.

“Vous ne pouvez pas pousser sur un bouton et envoyer un message dans le cyberespace être sûr qu’il atteindra sa cible. Il faut qu’il y ait un engagement de la part des supporters. Pour toucher les gens, il faut les regarder dans les yeux, leur parler à l’oreille et entendre leur voix“, considère l’ancien deputy chief of staff : Jim Messina se veut l’avocat d’une campagne plus inventive, plus innovante, sans pour autant renoncer aux méthodes plus traditionnelles, qui ont fait le succès et la réputation de l’équipe d’Obama.

Pour remporter l’élection de 2012, cinq grandes lignes stratégiques ont été dessinées par les stratèges de la Maison Blanche : “élargir l’électorat”, “construire quelque chose de radicalement nouveau”, “développer le travail de terrain”, “mesurer tous les progrès avec précision pour les utiliser comme références par les équipes de campagne”, enfin “travailler pour chaque vote”…
“NOUS SOMMES UNE MARQUE ET NOUS DEVONS LA FAIRE GRANDIR”
Jim Messina appelle les partisans Obama à mener “une campagne d’insurgés”, pour faire revivre la magie de 2008. L’objectif ? Récolter 1 milliard de dollars, contre “seulement” 600 millions en 2008.

Face aux déçus de sa politique, sur le terrain des relations publiques, Obama s’est expliqué lors d’un “YouTube townhall” en janvier : « Je n’ai aucune excuse à présenter pour avoir fixé des objectifs élevés à moi-même et au pays, car je pense que nous pouvons les atteindre. La seule chose que je puisse vous dire est que dans une grande démocratie désordonnée comme la nôtre, tout prend du temps. Et notre culture n’est certainement pas fondée sur la patience »…

Pour autant, Obama peut s’enorgueillir d’avoir tenu trois des cinq promesses dont il avait fait des piliers de sa Refondation lors d’un discours prononcé en avril 2009 à l’université de Georgetown : la réforme du système de santé, l’éducation et la réglementation financière. L’équipe du président est cependant attaqué sur sa communication : la principale erreur des stratèges de la Maison Blanche semble avoir été de croire qu’ils parviendraient à réunifier une capitale polarisée et à conclure des alliances avec les conservateurs. Le débat à venir sur le relèvement du plafond de la dette devrait à nouveau jeter une lumière crue sur ces blocages politiques persistants à Washington.
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CANADA :
UNE MAJORITE CONSERVATRICE D’UN OCEAN A L’AUTRE.

Après cinq ans de règne à la tête de gouvernements minoritaires, le premier ministre sortant, le conservateur Stéphane Harper, a été reconduit avec la première majorité de droite depuis 1988. Dans l’opposition, les indépendantistes québécois s’effondrent, et la gauche effectue une percée historique à la chambre des communes.
Après trois tentatives, le parti conservateur de Stephen Harper a réussi à remporter une majorité aux élections, marquées surtout par l’ascension fulgurante du nouveau parti démocratique (NPD, gauche). Avec 166 des 308 sièges à la chambre des communes, le premier ministre sortant pourra donc former un gouvernement majoritaire. Son parti était en effet resté minoritaire après les précédents scrutins de 2006 et 2008.

Dès les résultats connus, Stephen Harper a tenu un discours rassembleur : « Les Canadiens ont choisi d’espoir, un Canada uni et fort, et nous allons gouverner pour tous, même pour ceux qui n’ont pas voté pour nous. Notre gouvernement défendra les intérêts de toutes les régions et de tous les Canadiens, y compris de la grande nation du Québec » (…) « Les Québécois ont décidé d’envoyer des fédéralistes à la chambre des communes et nous allons travailler tous ensemble à bâtir un Canada plus libre et plus uni ».

DESIR DE CHANGEMENT ET LASSITUDE : LES IDEES DE GAUCHE SONT PASSEES DEVANT CELLES DE LA SOUVERAINETE
Le tsunami NPD a quasiment apporté la disparition du Bloc québécois. En tête des sondages il y a quatre mois, le BQ obtient quatre sièges contre 47 occupées précédemment, alors que le NPD, porté par son chef charismatique Jack Layton, remporte 106 circonscriptions, soit presque le triple des 36 sièges occupés dans la chambre sortante. Le centre également s’est effrité, tandis qu’une élue verte faisait son entrée au Parlement (Elizabeth May). Jack Layton, le maire de Toronto, s’est dit ouvert à une collaboration avec le gouvernement conservateur, se présentant comme une force de proposition.
Il est trop tôt encore pour mesurer l’impact des départs de Gilles Duceppe, chef du Bloc québecois, battu dans sa circonscription de Montréal, et de Michael Ignatieff, qui comme lui, n’a pas réussi à se faire élire dans son comté, mais cette élection marque indéniablement un tournant, avec l’effondrement du principal parti indépendantiste et le règne désormais sans partage des conservateurs, d’un océan à l’autre.
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CRISPATIONS IDENTITAIRES ET RAIDISSEMENT DANS TOUTE L’EUROPE

Le basculement vers le centre de l’extrême droite européenne fait gagner en crédibilité des partis jusque là méprisés, et assure en retour à ces derniers un soutien grandissant de l’opinion, une place au rang de partis de gouvernement.
La question des équilibres ethniques s’installe au coeur des débats politiques nationaux et européens. Face au silence qu’observaient sur ces questions les élites politiques par crainte de banaliser ce discours, les partis populistes ont imposé leur agenda dans le débat public. En termes simples et dans la bouche de Jimmie Akesson, leader des démocrates de Suède, cela se traduit par exemple par : « Les musulmans constituent la plus grande menace pour la Suède depuis la seconde guerre mondiale ». L’Union Européenne est de fait, aujourd’hui, le premier continent d’émigration légale au monde, devant les États-Unis avec environ 3,5 millions d’entre en chaque année environ.
LA RECETTE MIRACLE
Les partis xénophobes, eurosceptiques et nationalistes poussent les feux dans toute l’Europe. Jamais depuis l’entre-deux-guerres, les mouvements protestataires n’avaient rassemblé autant de suffrages.

On compte aujourd’hui, selon le politologue Dominique Reynié, 27 partis populistes de droite dans 18 pays européens différents. Si seulement deux d’entre eux participent à des gouvernements – la Ligue Du Nord en Italie et l’UDC en Suisse-, leurs élus siègent dans 14 parlements. Aux élections européennes de juin 2009, l’extrême droite a réalisé un score à deux chiffres dans huit Etats-membres (Pays-Bas, Belgique, Danemark, Royaume-Uni, Hongrie, Autriche, Bulgarie et Italie) et réunit entre 5 % et 10 % des suffrages dans cinq autres Etats (Finlande, Roumanie, Grèce, France et Slovaquie).
Présentables, démagogiques et décomplexés, les partis d’extrême droite sont aujourd’hui parvenus à redéfinir avec succès la “narration” autour de la crise, comme une crise de la dette plus que comme une faillite du marché.
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AVRIL 2011
FINLANDE : L’HEURE DES TEA PARTY A L’EUROPEENNE

4 millions de Finlandais ont été appelés à renouveler en avril, au scrutin proportionnel, les 200 membres de l’Eduskunta, le parlement finlandais. 2315 candidats, dont 39 % de femmes, étaient en lice pour ces élections législatives. La Finlande avait la particularité de compter trois partis de force quasi équivalente : le Parti du Centre (KESK), le Rassemblement Conservateur (KOK), à droite de l’échiquier et le Parti Social-Démocrate (SPD), à gauche. Ce partage à trois semble aujourd’hui arrivé à son terme.
Après l’Italie et les Pays-Bas, la Finlande est le 3e pays où un parti populiste a enregistré une percée électorale ces derniers mois, au point d’être en mesure, comme en Autriche, en Slovaquie ou en Italie, d’entrer au gouvernement. Lassés des trois grands partis politiques qui se partagaient le pouvoir à tour de rôle tous les quatre ans, les Finlandais ont décidé d’en inviter à nouveau à la table des négociations.

C’est sur les scandales de financement des grandes formations politique, les critiques de la politique européenne, notamment des plans d’aide aux pays en difficulté, et sur l’immigration qu’a prospéré l’extrême-droite finlandaise. Timo Soini a cassé la rhétorique traditionnelle, il a su parler des valeurs traditionnelles et s’adresser aux plus pauvres. Les Vrais Finlandais ont fixé les grands thèmes de cette campagne électorale. Au centre des débats : la fiscalité, l’économie, l’Europe et l’immigration, dans un pays où les étrangers ne représentent que 3 % de la population, un des taux les plus faibles d’Europe.
Crédités de 19,1 % en 2011, le parti des Vrais Finlandais n’obtenait que 5 % des intentions de vote à l’été 2008. Les populistes enregistrent leurs meilleurs résultats dans les provinces rurales du nord : parmi les élus du parti, Jussi Alla-Aho, condamné en 2009 pour avoir comparé l’islam à la pédophilie, et à l’origine depuis des mois d’une campagne très agressive sur l’immigration.
Reste qu’une entrée au gouvernement est risquée. En général, dès que ce genre de mouvement entre gouvernement, il commence par parler une langue que les électeurs ne reconnaissent plus, c’est le baiser de la mort : témoin le Parti Rural (SMP) de Veikko Vennamo, membre de la coalition gouvernementale entre 1983 et 1990, qui n’a pu tenir les promesses faites aux électeurs et que l’épreuve du pouvoir a réduit au déclin. Timo Soini a néanmoins annoncé la couleur : « nous refusons de nous soumettre aux autres partis. Nous avons notre propre agenda est mise ne serons pas juste de la figuration pendant les négociations en vue de la formation du gouvernement »…

Plusieurs partis extrémistes ont déjà existé en Finlande : extrême gauche dans les années 1930 et extrême droite dans les années 1970 – 1980. Certains ont même été au gouvernement. Les vrais Finlandais sont, aux yeux des électeurs et de la classe politique, un parti politique crédible et presque comme les autres. Son absence de passé néonazis explique en partie cette situation. Les autres partis considèrent pourtant que s’il entre gouvernement, le parti de Timo Soini connaîtra un sort identique à celui du Parti Rural.

LA SOLIDARITÉ EUROPÉENNE REMISE EN CAUSE
Timo Soini ne voit pas pourquoi son pays devrait porter secours aux dilapidateurs : « le lait de la vache finlandaise doit rester en Finlande et ne doit pas être envoyé l’étranger comme une aumône », a-t-il déclaré. Le pays en effet a été l’un des plus touchés par la crise économique internationale qui a débuté à l’automne 2008. Le PIB avait reculé de 8,2 % en 2009. La Finlande pourtant reste l’un des six pays de la zone euro a encore bénéficier de la note suprême AAA, qui contraste avec la santé des pays périphériques, comme la Grèce ou l’Irlande, ou même l’Italie. Plusieurs de ces Etats “triple A” située dans le nord de l’Europe, comme l’Allemagne, la Finlande ou les Pays-Bas, rechignent de plus en plus à venir en aide à des pays mal en point.
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VOYAGE DANS LA GÉOGRAPHIE ÉLECTORALE AMERICAINE

David B. Sparks, étudiant en sciences politiques de Duke University a compilé les données électorales de 1920 à 2010 pour créer cette vidéo : une carte des Etats-Unis illustrant les basculements de l’opinion entre Parti démocrate et Parti républicain, scrutin après scrutin.
Voyage dans le temps, l’histoire et la géographie :

Explication de texte de David B. Sparks sur son blog : “This video is a reminder that what constitutes “politics as usual” is always in flux, shifting sometimes abruptly. The landscape of American politics is constantly evolving,  as members of the two great parties battle for electoral supremacy…”
Pour une visualisation scrutin par scrutin depuis 1920, cliquez ici.
La carte de l’élection de Barack Obama (2008) ici.
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MIDTERMS 2010 : LES ILLUSIONS ÉPERDUES…

Entre le chômage flirtant avec les 10%, l’énorme déficit qui inquiète les Américains, sa gestion jugée mauvaise de la marée noire, ou encore ses positions controversées et ambigües sur la Mosquée de Ground Zero, la cote de popularité de Barack Obama a décliné depuis sa prise de fonctions début 2009 et ce scrutin s’annonce périlleux pour les majorités démocrates au Sénat et à la Chambre des représentants. Mais, a-t-il rappelé : « J’ai une liste de ce que nous avons promis de faire, et nous en avons probablement accompli 70% ». Comment un président, élu avec le plus gros pourcentage pour un démocrate depuis Lyndon Johnson en 1964, a-t-il vu son taux d’approbation passer de 70 % à un peu plus de 30 % en moins de deux ans ? Comment un président, qui a hérité des plus grosses majorités à la Chambre des représentants depuis 1994 et au Sénat depuis 1978, peut-il se retrouver dos au mur ?
L’administration Obama n’a pas à avoir honte de son bilan à mi-mandat, estime le magazine Time. Contrairement aux idées reçues, beaucoup des promesses de campagne ont effectivement été concrétisées : “Au jour de l’élection 2010, Obama aura accompli plusieurs de ses plus importantes promesses de campagne tout en faisant tourner un gouvernement extrêmement compétent sans le moindre scandale (…). Contrairement à Bill Clinton, surtout au début de sa présidence, Obama a gardé le contrôle sur son image publique, a préservé la grandeur de la fonction et a maintenu de bonnes relations avec les services armés, la communauté du renseignement et celle de la police. Même dénigré, son bilan est historique.”
L’une des hantises de l’administration Obama, résumée par le président  en septembre dernier, lors d’une interview sur la chaîne CBS, la réédition de l’affront infligé à Bill Clinton en 1994 : « Un jeune président arrive, il propose la réforme de l’assurance-santé; le texte est descendu en flammes et, lors des élections suivantes, les républicains en profitent pour reprendre la majorité à la Chambre des représentants ». Selon un schéma bien connu, les électeurs du candidat victorieux à la présidentielle négligent souvent d’aller voter aux élections parlementaires qui suivent… alors que les perdants se rendent nombreux aux urnes. Résultat, le parti d’un président nouvellement élu perd en moyenne 28 sièges lors du scrutin de mi-mandat. Obama a tenté de devancer cette échéance en annonçant, dans un entretien au New York Times Magazine, qu’il modifierait sensiblement sa feuille de route pour la deuxième partie de son mandat. Ses conseillers n’hésitent plus à utiliser l’expression “Obama 2.0″, moins ambitieuse et plus recentrée sur un petit nombre d’objectifs.
Les premiers signes, pourtant, ont été décourageants. Contrairement à 2008, les indépendants ne se sont pas déplacés et leur absence a entraîné la défaite des démocrates lors de l’élection des gouverneurs de Virginie et du New Jersey l’année dernière. Même chose lors de l’élection en janvier dernier du sénateur du Massachusetts, siège qui était vacant depuis la mort de Ted Kennedy en août 2009. Or, dans tous ces Etats-là, Barack Obama était arrivé en tête en 2008. Aussi Obama en personne a-t-il décidé de mouiller sa chemise et d’aller au-devant des étudiants sur les campus, de répondre à des questions via Facebook et Skype, ou de participer à des réunions publiques retransmises à la télévision…

1. CITIZEN UNITED ACT : Le coup de tonnerre
Ce jugement extrêmement serré découle du Premier amendement de la Constitution des États-Unis, qui protège la liberté d’expression. L’association conservatrice Citizens United était accusée d’avoir fait diffuser des publicités pour le documentaire Hillary: The Movie sur une chaîne de vidéo à la demande juste avant la tenue des élections primaires démocrates de 2008. Avec cette nouvelle jurisprudence, la Cour Suprême a enterré une partie de la loi McCain-Feingold de 2002 sur le financement des campagnes électorales, qui prévoyait que toute organisation, à but lucratif ou non, ne pouvait participer à la diffusion à la télévision d’un message faisant mention d’un candidat dans les soixante jours précédant une élection générale.
Depuis que la Cour suprême a autorisé les entreprises et les syndicats à dépenser dans les campagnes électorales de façon illimitée grâce au Citizens United Act*, près de 4,2 milliards de dollars seront dépensés dans de telles publicités, contre 2,5 milliards de dollars en 2008. Jamais autant de « campagnes négatives » n’avaient été diffusées…

2. L’INCONNUE TEA PARTY
Avec cette élection, se pose la question de l’avenir du mouvement Tea Party, une nébuleuse composite de plusieurs centaines de groupes citoyens prenant pour bannière commune l’un des évènements fondateurs de la révolution américaine : la “Boston Tea Party” de 1773. Alimenté par des groupes de pression à Washington, et conduit par certains animateurs vedettes de la chaîne conservatrice Fox News, comme Glenn Beck ou Rush Limbaugh, le mouvement Tea Party entretient des liens indirects avec groupes de l’ultra-droite américaine. Selon l’universitaire François de Chantal, du CNRS, “la vague des ‘tea parties’ s’apparente à l’apparition du poujadisme en France dans les années 50″.
Très décentralisé, privé de ténors, composé d’amateurs qui voulaient « faire de la politique autrement », le mouvement apparut longtemps éphémère et voué à l’échec du fait de ses incohérences idéologiques. En six mois, pourtant, les Tea Party ont acquis une légitimité fondée sur quelques surprenants succès électoraux lors des primaires sénatoriales de l’été 2010. La crédibilité du mouvement fut encore renforcée par le ralliement de personnalités conservatrices comme Sarah Palin ou Rand Paul. « Sortez les sortants », « affamez la bête », tels sont les slogans d’une révolte qui s’inscrit directement dans la tradition historique de l’anti-fédéralisme (« moins d’Etat et moins d’impôts »)… Karl Denninger, l’un des initiateurs du movement Tea Party, s’est élevé fin octobre contre la « bâtardisation du mouvement », récupéré selon lui par le Parti Républicain (Sarah Palin, Sharron Angle, Rand Paul ou Christine O’Donnell) alors que son ambition « anti-système » était de dénoncer également l’incurie du Grand Old Party, dans un rejet commun des Démocrates et des Républicains. [En janvier 2009, les bloggeurs Graham Makohoniuk et Stephanie Jasky, du site Market Ticker lancèrent l’idée d’envoyer un « sachet de thé » à tous les membres du Congrès, en signe de protestation contre le vote d’un plan de sauvetage de l’économie de plus 800 milliards de dollars. Dans le sillage de Makohoniuk et Jasky, Denninger  suggéra quant à lui une « Tea Party », une marche de protestation coïncidant avec la cérémonie d’investiture du Président Obama, contre la corruption du système politique à Washington].

3. SUR LA CAMPAGNE
M. Obama a déclaré au New York Times qu’il n’avait probablement pas suffisamment insisté sur l’aspect relations publiques qui est l’une composantes essentielles de la politique aux Etats-Unis : ”Je pense que tous ceux qui ont occupé ce poste (la présidence des Etats-Unis), doivent se souvenir (…) qu’il ne faut pas négliger le marketing, les relations publiques et l’opinion publique“.
“I think anybody who’s occupied this office has to remember that success is determined by an intersection of policy and politics, and that you can’t be neglecting of marketing and PR and public opinion. And so there are areas where we could have been more effective than we have been… And so the language may have been lofty, because I was speaking to folks who had been excited and inspired by the possibilities of moving the country forward. That’s the poetry of politics. But obviously, as governor Cuomo said, governing is mostly prose”… * Obama, 18 octobre 2010, interview au New York Times.

4. SUR LA STRATEGIE

David Plouffe, manager de la campagne de 2008, a mis en ligne des « sessions de stratégie », pour rendre plus accessibles encore les fondamentaux du militantisme de terrain.
BILAN
En Californie, les deux coqueluches de la Silicon Valley ont finalement été laminées par les vieux routiers de la politique [Dans un entretien au LA Times, Jerry Brown expliquait ainsi son timing d’entrée en campagne : “Earl Warren (membre de la Cour Suprême, ancien gouverneur de Californie) used to say you start when the first snow hits the Sierras in the fall. My father told me that »…].

Jerry Brown, ancien gouverneur, attorney général et maire d’Oakland, l’emporte largement sur Meg Whitman (52% contre 42) et succède à Arnold Schwarzenegger au poste de gouverneur. Barbara Boxer, elle, conserve son poste au Sénat, loin devant Carly Fiorina, qui a échoué à convaincre (44%). A la Chambre des représentants, Nancy Pelosi perd son poste symbolique de Speaker, au profit de John Boehner, chef de la nouvelle majorité républicaine. Au Sénat, Harry Reid conserve in extremis son poste de Senate Majority Leader, grâce à l’apport des indépendants. Malgré une campagne très agressive, la candidate du mouvement Tea Party Sharron Angle n’a pas réussi son pari de coiffer au poteau l’un des candidats démocrates les plus emblématiques du pays. Ce proche de Ted Kennedy, très respecté, largement sauvé du naufrage par un investissement massif du Parti Démocrate sur sa personne, devra donc désormais composer avec une majorité réduite et éviter les tirs de la Chambre basse. Sur les 435 sièges en jeu à la Chambre, 238 reviennent finalement aux républicains, leur offrant une majorité de blocage dont ils comptent bien faire usage. John Boehner a ainsi confié, avant même que les résultats ne soient connus, que son objectif était de faire d’Obama, à l’image de Carter, cet autre Prix Nobel, un « one-term president ».  Sur les 100 sièges au Sénat, 51 sont aujourd’hui aux mains des démocrates, fragile contre-pouvoir face à une opposition républicaine galvanisée à la Chambre.

Pat Buchanan, une figure historique de la droite ultraconservatrice, publie une tribune dans laquelle il conclut que ce scrutin de mi-mandat ne ressemble à aucun autre. Et s’il se réjouit de la victoire républicaine, il ne peut s’empêcher d’être un peu inquiet : « Ce pays aura voté contre le parti au pouvoir pour la troisième fois consécutive en quatre ans. Les Etats-Unis commençent à ressembler à la IVe République française ». Cependant, les républicains savent qu’ils n’ont pas été élus sur leur programme. Ils ont bénéficié d’un revirement – temporaire – du plus gros des bataillons de l’électorat, les indépendants. Ces électeurs n’ont pas voté “pour”, ils ont voté “contre” – contre l’impuissance d’Obama face à une situation économique épouvantable. Le vote de mardi est un coup de colère, pas un vote de confiance accordé aux républicains. Il a d’ailleurs marqué un retour des républicains au dogmatisme le plus épais, à la diabolisation de toute action gouvernementale, au dénigrement de l’Etat et à la glorification d’une unique mesure pour soigner les maux du pays : la baisse des impôts. Dans les sondages, une majorité d’Américains (46 %, selon l’étude New York Times-CBS) continue d’avoir une opinion plus favorable des démocrates que des républicains (41 %) ; une majorité souhaite toujours le succès de Barack Obama, qui devance tous les prétendants républicains…

Dans Slate, William Saletan souligne quant à lui à contre-courant la “victoire des démocrates” : “Nous sommes devenus si obsédés par les victoires et les défaites en politique, que nous en avons oublié le sens profond : les politiques ont échoué pendant des décennies à mettre en place une couverture maladie universelle. En 2008, ils y sont parvenus. Cela leur a coûté leur majorité, mais l’enjeu en valait la chandelle. Cette loi dépasse largement la portée du scrutin de mardi. Les Démocrates ont risqué leur poste, et l’ont le plus souvent perdu; ils auront néanmoins gagné la plus importante bataille de 2010“.
Les démocrates, au cours de ces élections de mi-mandat, sont apparus trop timides, et le pragmatisme d’Obama vu comme un manque de volonté : il avait gagné les élections, mais s’est comporté comme s’il les avait perdues en choisissant d’apaiser les Républicains et en faisant passer la santé avant l’économie et l’emploi. Aux yeux de beaucoup, Obama a beaucoup promis ; il s’est également trop compromis… La morosité ambiante, les chiffres en berne du chômage et de l’économie, ont joué comme un catalyseur des déceptions et des désillusions, récupérées avec succès par les candidats Tea Party, démagogues et populistes. A Washington, une « atmosphère empoisonnée », et un climat dangereusement populiste règnent désormais. Alors que les élections précédentes étaient celles de l’espoir et de la participation, celles-ci ont été celles du doute et de l’abstention…

Sources : Le Monde, L’Express, Le Canard Enchaîné, The Guardian, RFI, CNN, CNBC, CBS, MSNBC, TPM, Politico, Washington Post, The New York Times, Raw Story, Huffington Post, Slate, The National Journal…
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BRESIL 2010 : L’ADIEU A LULA

L’élection d’octobre au Brésil marque, avec les mid-term américaines, la deuxième échéance décisive pour le continent américain.

Le Brésil représente à lui seul, en termes de produit intérieur brut, de population et de superficie, la moitié du sous-continent que forment les douze pays situés au sud du canal de Panama. Sa couleur politique, aujourd’hui celle d’une gauche dite modérée, imprègne les orientations générales de l’Union des nations sud-américaines.
Avec 46.9% des suffrages, n’ayant pas obtenu la majorité absolue au premier tour de l’élection présidentielle au Brésil, Dilma Rousseff, la dauphine du président Lula, affrontera José Serra, ex-gouverneur de Sao Paulo, au second tour, qui aura lieu le 31 octobre. La candidate des Verts Marina Silva a obtenu 20% des voix, elle se pose donc en véritable arbitre, en faiseur de roi de ce second tour. Toutefois, la prolongation de la campagne présente des risques, d’autant que le Parti des Travailleurs gouverne actuellement avec une coalition qui ne compte pas moins de dix partis.

Dilma Rousseff

Agée de 62 ans, Dilma Rousseff était et demeure la grandissime favorite du scrutin, et les politologues s’attendaient à ce que la candidate adoubée par Lula, portée par l’impressionnante popularité du président sortant et la bonne santé de l’économie brésilienne, soit élue dès le premier tour. Celle-ci a abandonné voici à peine quelques mois ses grosses lunettes et sa chevelure épaisse. Lifting facial et correction dentaire ont achevé de la métamorphoser. « Dilma » est un étonnant produit du marketing politique : austère encore il y a quelques mois, son image est désormais joviale et moderne. Elle doit aujourd’hui faire face à un ballottage surprise contre le social-démocrate José Serra. Guérillera d’extrême gauche, elle fut emprisonnée par la dictature militaire jusqu’en 1973, elle est la favorite de ce scrutin, après avoir été ministre et chef de cabinet du président Lula. A 62 ans, Dilma Rousseff n’a jamais brigué les suffrages des électeurs. C’est donc sans avoir subi le feu préalable d’élections municipales ou législatives qu’elle s’est hissée au rang de favorite du scrutin présidentiel.

José Serra

Candidat, lui, du Parti social-démocrate brésilien (PSDB), José Serra, dont les convictions démocratiques le contraignirent à l’exil lors de la dictature militaire, fut déjà candidat à la présidentielle de 2002, forçant alors un second tour remporté par Lula da Silva avec 61% des suffrages.  Il se place au centre droit de l’éventail politique latino-américain.

Le péril vert

Marina Silva, la candidate du parti vert enregistre un score que personne n´avait osé lui attribuer, et elle a provoqué ce second tour dont elle est écartée. Elle risque néanmoins de vendre cher ses 20 millions de voix. Elle a sans doute, contre toutes les prédictions, bénéficié du vote des déçus des poids lourds de l’élection. Pourtant, durant la campagne, son parti n’a pas eu les moyens des puissantes machines du Parti social démocrate ou du Parti des travailleurs. Cette ancienne ministre de l’Environnement de Lula est une habituée des combats difficiles. Issue d’une famille pauvre, elle a toute une histoire de luttes, notamment aux côtés du défenseur et martyr de l’Amazonie, Chico Mendes, assassiné en 1988. “Nous avons défendu une idée victorieuse et le Brésil a entendu notre appel. Ce n’est pas le point final. C’est le début d’un processus qui ouvre une nouvelle politique avec les idées que nous défendons”, a affirmé la candidate écologiste au siège de son parti, à Sao Paulo. Marina Silva a décidé de conserver une « position indépendante » et n’a pas donné de consigne de vote.

Une lutte indécise
Comme en 2006 où ils avaient prévu la réélection de Lula au premier tour, les sondages se sont trompés. Les enquêtes ont surestimé le pouvoir d´influence de Lula, et mésestimé la force de ses adversaires. L´énorme abstention, les bulletins blancs et nuls, en dépit du vote obligatoire, ont aussi faussé les sondages. Sans l’appui du Parti Vert (PV) de Marina Silva, les deux candidats à la présidence du Brésil se livrent une lutte indécise pour capter les 20 millions de voix à l’origine de ce ballottage, et cruciales pour remporter le second tour.
Lula, une popularité insolente

Lula, qui s’apprête à passer la main, demeure omniprésent sur les estrades électorales. Auréolé d’un taux de popularité de 85% après deux mandats de quatre ans, Lula ne pouvait pas, selon la Constitution, briguer un troisième mandat consécutif. Mais il a réussi a transmettre une part substantielle de sa popularité à sa dauphine Dilma Rousseff. Sa présidence se solde par un bilan très positif : le Brésil peut en effet s’enorgueillir d’une insolente croissance, de quelque 7% encore cette année, qui l’a hissé au rang de 8e économie mondiale, tout en ayant propulsé la classe moyenne à des niveaux jamais atteints, supérieurs à 50% de la population, fait reculer la malnutrition de 46%, et sorti de la pauvreté, grâce à ses programmes sociaux, 29 millions de Brésiliens. Le Brésil post-Lula apparaît de plus en plus comme une nation qui intègre démocratiquement et en profondeur la présence du peuple, et qui modifie ses structures traditionnelles, vouées à la concentration des revenus et à l’inégalité, encore les plus grandes au monde.

Le vote
136 millions d’électeurs sont appelés aux urnes le 31 octobre. Ils doivent voter non seulement pour leur nouveau président mais aussi pour les élus du Sénat, de la Chambre basse, les postes de gouverneurs et les parlementaires des 27 Etats que compte ce pays fédéral. 22 570 candidats sont en lice, dont 9 pour la seule élection présidentielle…
Mme Rousseff était la grande favorite du premier tour le 3 octobre mais elle a commencé à perdre des voix avec les dénonciations de corruption envers son ex-collaboratrice, Erenice Guerra, mais surtout en raison de l’hémorragie des votes des chrétiens évangéliques et des catholiques. Une forte campagne sur Internet affirmant qu’elle était en faveur de la légalisation de l’avortement, dans le plus grand pays catholique du monde, a fait migrer de nombreux électeurs pour la candidature de l’écologiste et ardente chrétienne Marina Silva. Cependant, la baisse de Mme Rousseff dans les sondages a réveillé les militants du Parti des Travailleurs (PT, gauche) de Lula et les mouvements sociaux, comme les paysans sans terre, qui se sont mobilisés sur internet et dans les rues sous le slogan “Réveille-toi Brésil!” contre “les forces conservatrices”. Et puis, Dilma Rousseff manque de charisme, surtout au regard de son mentor Luiz Ignacio Da Silva. Une campagne un peu trop lisse l’a finalement desservie.

LA CAMPAGNE ÉLECTORALE A INVESTI LE NET
Contrairement aux médias traditionnels, notoires pour leur forte concentration et leur conformité politique, qui ont essayé de décrédibiliser Dilma Rousseff, les médias sociaux, ont joué un rôle sans égal pour renforcer la participation citoyenne dans le processus électoral et diversifier le débat public. Grande première, les 3 principaux candidats ont participé à un débat diffusé sur internet, répondant à des questions d’internautes, mais aussi de journalistes et des candidats eux-mêmes. Une foule d’initiatives de médias citoyens ont également été utilisées pendant toute la période électorale, dont Eleitor 2010, servant à cartographier des dénonciations d’infractions électorales présumées, et 48h Democracia qui a apporté des vidéos, informations et bulletins d’internautes sur les élections, pour proposer une autre couverture de la campagne. De tels projets, aux côtés, par exemple, d’une carte de la censure électorale publiée par le Centre Knight pour le Journalisme dans les Amériques, ont réussi à étendre la participation civique à une communauté élargie. Certains sont des projets développés par des gens ordinaires, qui traditionnellement seraient loin du processus électoral ou de la production de nouvelles s’y rapportant. La grande majorité a été créée comme des outils de surveillance, et précisément pour cela, ils survivront après les élections. L’espace de discussion plus vaste stimulé par les nouveaux médias semble avoir créé un précédent pour la liberté d’expression et remis en question le rôle de la presse dans les processus politiques brésiliens.

« Personne ne veut la dictature d’une perception unique de la réalité – et donc, si les entreprises journalistiques veulent continuer à remplir leur rôle de fournisseurs d’information, elles doivent placer la diversité informative au centre de leurs objectifs. Ceci peut aider à annuler la perception que la presse s’est transformée en parti politique ». Carlos Castilho,  Observatorio da Imprensa.

Sources : Le Point, The Guardian, RFI, Latin Reporters, Global Voices, L’Express, El Pais, ABC, France24, Le Figaro, Observatorio da Imprensa
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August 2010 : TIGHT FIGHT in AUSTRALIA

It’s already been an unprecedented year for Australian politics. In June, the Prime Minister Kevin Rudd was ousted by his own party, completing an astonishing fall from dizzying heights of public popularity. He’s been replaced by Australia’s first female prime minister, Julia Gillard, who’s facing off against the pugnacious Tony Abbott. The stage is set for a lively campaign.

THE CHARACTERS
TONY ABBOTT

From entering the election campaign as the underdog, the latest polls have made Abbott the frontrunner. Labor was spooked by the sudden rise of the leader of the conservative opposition, who had whipped up a ferocious campaign—egged on by radio shock jocks—that involved carpet-bombing all proposed legislation and accusing the government of amassing deficits and debt. So far, he has diverted attention from the headline success of the stimulus by clutching at botched individual elements. The swashbuckling Abbott, with his mantra of “End the waste and stop the debt,” echoes deficit hawks in the United States.

THE LABOR

JULIA GILLARD & KEVIN RUDD

On the other side, John Warhurst, a political analyst with the Australian National University said : “Gillard has got the advantage of having been in the public eye for a long while as deputy prime minister, but she’ll also have the advantage of a short sharp sprint to the election and that’s a plus.”
It was at the end of 11 years of Conservative rule that a resurgent Labor led by Kevin Rudd managed to wrest power winning a landslide in 2007. But a series of backflips, which included a damaging tax row with miners and his shelving of an emissions trading scheme, resulted in a major loss of face with critics within the Labor Party calling for him to resign. Unceremoniously shown the door following an inner-party coup in June, Rudd agreed to Ms Gillard’s “request’’ to help her struggling campaign. He has pledged his support for the current administration in the country’s upcoming general elections.  Gillard denied the alliance with Rudd involved any deal, specifically to make him foreign minister if she’s re-elected. “There’s no deal, there’s his enthusiasm to make sure the Government is re-elected…so he can keep pursuing the things that he passionately believes in’,’ she told ABC. She said the two had fought some “big battles together”, and could put the recent past behind them to unite and defeat Tony Abbott. “There are bigger things here about the future of the nation and we are exactly on the same page, in the same place, with the same values”. Making his first public appearance since his abrupt exit from office, Rudd launched a scathing attack on Tony Abbot, leader of the Opposition Liberal Party. He said he would not stand “idly by” and “allow Mr Abbott to just cruise into office.” Cautioning the electorate, Rudd said Abbot was “not up to the job of being Prime Minister and was trying to fly under the radar.” “I can’t be silent while knowing that Mr Abbott has opposed those measures that kept Australia out of the global recession, unique among the developed economies of the world”.
‘No government’s perfect, no prime minister’s perfect, I wasn’t, [former Prime Minister] Keating wasn’t, [former Prime Minister] Hawke wasn’t, Gillard’s not,’ he said.
‘But when it comes to the fundamentals of economic policy settings, general policy settings, the country’s heading in the right direction and if anyone doubts that just for one moment, think about what’s going on the moment throughout Europe and North America. And what I do know for a fact is that it’s hard to build things up, it’s very easy for people like Mr Abbott to tear things down.

AUSTRALIA & THE US
Australia has long been a leading indicator for what is to come in U.S. politics. Its former prime minister John Howard, a staunch conservative who would later enthusiastically back the Iraq War, was elected five years before George W. Bush entered the White House. Then their electorates soured on them and veered left. In 2007 Australia’s Labor Party swept to power when its leader, Kevin Rudd, mobilized a young, idealistic, multiethnic coalition just as Barack Obama did a year later.
Abbott, for his part, now replicates with relish the demagoguery of Tea Party candidates, who have fused traditional conservative beliefs about social issues and government spending to cast grave doubts on the Obama administration. In Australia too, even as Abbott’s cheap economic critique gains traction, his combative style and clumsily delivered messages on social issues have caused his own polling negatives to spike. Earlier this year, when Abbott proposed forcing the unemployed to relocate to remote mining regions in the Western Australian desert, opponents ridiculed him for having a “Sarah Palin moment”. If the Abbott-led conservatives can engineer a turnaround by beating the drum on deficits and debt, then alarm bells should ring louder for Democrats. The Obama administration has yet to convince voters it can pull back from the fiscal cliff. If conservatives can mask their ideological baggage and win on a Tea Party–type economic platform in Australia—even where there is little basis for it—imagine the coming whirlwind in America.
THE TV DEBATE

Policy was the loser in the second debate of the election campaign, with neither side presenting a coherent position. Instead, the debate turned into an argument over who would stop the arrival of more so-called ‘boat people’ asylum seekers, always a hot button issue with voters. Labor’s Tony Burke called for an end to “glib slogans”.
“Our infrastructure and services are no longer keeping pace with our population growth,’ the Opposition’s Immigration spokesman Scott Morrison said in the live television debate at the National Press Club in Canberra. Burke argued that the debate should be focused on sustainability, such as regional differences in population, rather than on setting immigration numbers. Burke asserted policies such as increasing road and rail funding, decentralized housing, an increased superannuation guarantee levy and increase in the retirement age, along with a more skilled workforce, were the key factors in ensuring a sustainable population. But for voters in areas such as Penrith and the more sensationalist sections of the media, it is the boat people who are the key issue and Morrison carefully attuned his message to their ears : “During the last six years of the Coalition government, there was an average of just three illegal boat arrivals each year. In 2010, they have been arriving at the rate of three per week. Every refugee who arrives illegally by boat, takes the place of another refugee whose application continues to gather dust on an official’s desk. To accept one will deny another – this is the cruel truth. There are no decisions in this debate free of moral burden”, he said. Repeatedly stressing she is in favor of “a sustainable Australia, not a big Australia”, Gillard has sought to differentiate her leadership from Rudd’s support of a larger population.
As the election day was getting closer and the polls tighter, both Labor and Liberal-National coalition have moved to the right on immigration amid a public backlash against a perceived uptick on illegal arrivals. The parties’ top candidates sought to score last minute points on immigration and on a contentious mining tax. Mrs. Gillard’s late blitz consisted in a deal with big miners, to help win over voters. According to John Wanna, political expert at the Australian National University, “a lot of people make their minds up on the last day. Voters have a very short memory…”.
PROFILES IN CAMPAIGN
Julia Gillard

The 27th and current Prime Minister of Australia, came to power in June 2010 after Kevin Rudd was brutally pushed out, part out of fears he wouldn’t be popular enough to win elections the Labor had to hold by April 2011. Gillard has been MP for Labor since 1998. After Labor was defeated in 2001, Gillard was Shadow Minister for Population and Immigration. In 2003, she was promoted Shadow Health Minister and in 2006 elected Deputy Leader of the Opposition. After Kevin Rudd’s 2007 victory, Gillard was made Deputy Prime Minister, taking on the Ministerial brief of Employment, Workplace Relations and Education. Gillard stated her priorities were creating jobs, boosting education, improving health care, fighting climate change and strengthening border protection. Gillard is considered on the left of her party, although the support she needs from Labor’s more conservative factions makes it unlikely she’ll attempt to bring it further left. As the election day gets closer though, she has not been able to reverse the collapse of her party support.

Tony Abbott

Leader of the opposition since 2009, Abbott held various Ministerial positions in the Howard Government, including Employment Services (1998-2001), Employment and Workplace Relations (2001-2003), and Health and Ageing (2003-2007). After the 2007 defeat of the Howard Government, Abbott was Shadow Minister for Families, Community Services and Indigenous Affairs, until he resigned in 2009 in protest over the Liberal Party’s position on the Emission Trading Scheme. Abbott began work as a journalist, becoming well known for his strong criticism of trade unions and left-wing politics. A socially conservative Catholic, Abbott is a supporter of traditional family values and the constitutional monarchy. He has been a strong critic of Labor’s decision to soften the mandatory detention of ‘boatpeople’ in Pacific and Indian Ocean camps. Often depicting the current government’s budget as a “tax and spend budget”,  Abbott said his Government would ‘end the waste, repay the debt, stop new taxes and stop the boats.’

MàJ : On 11 September 2010, Gillard announced the makeup of her ministry, following her victory at the Federal elections. Labor forms a minority government with the support of an Australian Greens MP and three independent MPs. Labor and the Coalition each won 72 seats in the 150-seat House of Representatives, four short of the requirement for majority government, resulting in the first hung parliament since the 1940 election. Kevin Rudd is appointed Minister for Foreign Affairs…
Sources : The Diplomat, RTT News, Newsweek, The Courier Mail, The Sydney Morning Herald, Wall Street Journal…
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Le naufrage numérique de la droite

Par Arnaud Dassier | Spécialiste du e-marketing |
Rue89 | 6/08/2010

La droite n’aurait-elle rien compris à Internet ? Arnaud Dassier, professionnel du e-marketing et militant de droite, a participé à la campagne de Nicolas Sarkozy sur le Web. Trois ans plus tard, il dresse un bilan détaillé -et cruel- sur son blog. Rue89 a décidé de publier son dernier billet.
6 mai 2007. Nicolas Sarkozy remporte l’élection présidentielle haut la main avec 53% des voix, en incarnant, entre autres, le dynamisme et la modernité. En tant que président de l’UMP, il a été pionnier en matière d’utilisation d’Internet et de l’e-marketing depuis 2005 (campagnes d’e-mailing, achat de mots-clés Google, mise en place d’un système d’e-crm, pétitions, opérations de mobilisation, explosion des soutiens et adhésions via Internet, e-fund raising, etc). Il est le premier homme politique à accepter d’être interviewé par un blogueur, Loïc Le Meur.
Il mène une campagne ambitieuse et dynamique sur Internet, avec toute une panoplie d’actions : web TV, réseau social militant (SupportersDeSarkozy.com) précurseur de MyBarackObama.com, plateforme de débat en ligne, équipe de community management et de buzz, vidéos virales dépassant le million de vues, rencontres avec les blogueurs, etc.
Loïc Le Meur lui apporte un soutien actif et remarqué, incarnant le soutien majoritaire des entrepreneurs internet, en faveur d’un candidat qui affiche une volonté de réformes économiques libérales qu’ils appellent de leurs vœux. Un sondage du Journal du Net indique que les internautes pensent qu’il a été le candidat le plus dynamique, celui qui a le mieux utilisé Internet. A priori, le Président Sarkozy a toutes les cartes en main pour devenir le premier Président web 2.0 de l’histoire de France.
Trois ans plus tard, parmi ses ex-électeurs, il est difficile de trouver un blogueur ou un entrepreneur du Web qui défende publiquement son action. Au mieux, ils gardent un silence distancié, ne montant au créneau que face aux attaques les plus excessives (« Sarkozy n’est pas mon Président », « Anti-Sarkozy day »…).
La suite de l’article sur Rue89.
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NUDGE : WE CAN MAKE YOU BEHAVE

Behavorial economics in action
Nudge is the title of a new book by Richard Thaler and Harvard Law Professor Cass R Sunstein, two whip-smart University of Chicago academics. Rather than designing abstract policy without taking into account human behavior, Governments and the State should develop policy with the ability to encourage or persuade people to follow policy designed in. The  UK Conservative Party’s grand strategy is to apply this thinking to their public policy planning : maximize public service campaigns’ chances of achieving real behavioral change and to provide value for money.
People can be nudged into making better choices : the two professors see nudging as the ‘real third way’, an alternative to both government regulation and laissez-faire liberalism. The idea is the new big thing, and the two politicians of the moment -Barack Obama and David Cameron- are both keen on it.

What Thaler and Sunstein have drafted is a guide to how the power of nudging can best be harnessed. In this ‘post-ideological’ age, this is something that politicians are eager to understand. Nudges are not mandates, they are gentle non-intrusive persuaders such as default rules, incentives, feedback mechanisms, social cues, which influence your choice in a certain direction. However, they can be ignored – it is your choice to be nudged. For example, putting fruit at eye level in a school canteen to encourage healthy eating is a nudge, banning junk food is not.
Libertarian paternalism
If incentives and nudges replace requirements and bans, government will be both smaller and more modest…In short, libertarian paternalism is neither left nor right, neither Democratic nor Republican : a nudge, according to Thaler and Sunstein, is “a relatively weak, soft, and non-intrusive type of paternalism where choices are not blocked, fenced off, or significantly burdened (…) A philosophic approach to governance, public or private, to help homo sapiens who want to make choices that improve their lives, without infringing on the liberty of others“.
A product of the time
The crisis has put to rest the assumption, which underpinned the Labour’s entire system of financial regulation, that individual behavior is rational and that market prices always reflect intrinsic values.  However, it wasn’t just financial regulation that was wrongly based on the assumption that people are always rational – public policy has also come to be based on the flawed premise of the homo economicus. Behavioral economics, as well as social psychology, enables us to develop a new approach to policymaking, based on empirical evidence about how people really behave. Nudges can help us to achieve goals more cheaply, and without intrusive and burdensome regulations. This is therefore a fundamentally conservative approach, which can help us to reduce government spending and get the deficit down, while at the same time building a more responsible society where people are in control.
Building a ‘success fee’ into agencies budget
A Conservative government will require all public bodies that want to launch marketing campaigns to state precisely what behavior change the advertising is designed to bring about, and an element of the advertising agency fee will be made contingent on achieving the desired outcome. This will not only help to cut wasteful spending, and secure better value for money for taxpayers, ensure that government advertising reflects the best thinking about behavior change.
Secondly, by declaring the aim of the campaign and what it’s designed to achieve the public can truly act in their capacity as ‘monitorial citizens’ and scrutinize whether the state is attempting to change public behavior for the good.

Thaler and Sunstein are Obama’s informal advisers since his Senate primary campaign. The speed with which the nudge agenda has been adopted by both Cameron and Obama tells us that they are both pragmatists, not ideologues. For nudge is all about what works.
Visit Nudges.org for news, announcements and to send your own nudge suggestions to the authors.
Sources : The Guardian, inform.com, wearesocial, Slate, Yale Press
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JUIN 2010
LA CAMPAGNE DE POLOGNE

Une campagne courte, morne et sans débats, marquée par la discrétion des candidats : pas ou peu d’affiches électorales dans les rues, peu d’interviews, peu de réunions publiques.
Si dix candidats sont officiellement en lice, la vraie compétition ne se déroule en réalité qu’entre deux hommes : Bronisław Komorowski (Plateforme civique – PO) et Jarosław Kaczyński (Droit et justice – PiS). A la veille de la Présidence polonaise de l’Union Européenne, les Polonais doivent donc faire le choix entre mettre fin à la cohabitation,  accorder le monopole du pouvoir au parti libéral (Plateforme Civique), ou faire confiance au conservateur Jarosław Kaczyński qui promet un compromis entre tradition et modernité, et auquel une bonne partie de l’Eglise catholique s’est d’ores et déjà ralliée.


PORTRAITS
La campagne est encore centrée sur les personnalités. Mais Jaroslaw Kaczynski, qui a fait le plein des voix à droite, veut agiter les thèmes sociaux pour attirer les électeurs du troisième homme de cette campagne, le leader social-démocrate Grzegorz Napieralski. Kaczynski a ainsi décidé au lendemain du premier tour de tenir un meeting à Szczecin, ville portuaire dont est originaire Napieralski.
Au début de la campagne électorale, les choses étaient relativement claires : à Kaczynski les voix de l’électorat âgé, rural et catholique, à Komorowski l’électorat urbain et plus jeune. Mais Kaczynski a surpris les observateurs en faisant activement campagne auprès des électeurs centristes. Il a su projeter une image conciliante et éviter les remarques caustiques qui avaient caractérisé son passage à la tête du gouvernement, en 2006-2007. Certes, les habits neufs de Jaroslaw Kaczynski relèvent de la tactique électorale. En chute libre dans les sondages avant sa mort, son jumeau, inhumé en grande pompe aux côtés des rois de Pologne, est entré dans le martyrologe national. Les Polonais le perçoivent désormais comme un grand patriote et un bon président. Jaroslaw tente de s’identifier à lui en gommant une agressivité naturelle qu’il sait inopportune.
Ensemble, Komorowski et  Kaczynski, ont dans le passé été liés au mouvement Solidarité. Aujourd’hui, ces deux catholiques conservateurs diffèrent par leur style et par leurs opinions sur la place de la Pologne dans l’Europe, l’adhésion à l’euro et les réformes à mener.

Le maréchal de la diète Bronisław Komorowski incarne l’idéal du Polonais moyen. Ancien dissident, il emploie souvent une rhétorique sévère à l’adresse de la Russie mais n’est pas partisan d’une vengeance contre tous les représentants du régime communiste. Bien qu’il soit partisan de l’économie de marché, il peut volontiers parler de la pénible condition des travailleurs. Cela distingue avantageusement Komorowski des frères Kaczynski, qui étaient liés aux représentants les plus radicaux du clergé catholique et qui voyaient partout des agents des services secrets communistes.
Bronisław Komorowski, qui remplit actuellement les fonctions de chef de l’Etat par intérim, met en avant le bilan du cabinet du Premier Ministre Donald Tusk depuis 2007 (la Pologne est le seul pays de l’Union européenne à ne pas être entré en récession durant la crise économique de 2008-2010), et se dit favorable à la poursuite des réformes lancées par celui-ci (privatisations d’entreprises publiques, hausse de l’âge légal de départ à la retraite, etc.), ainsi qu’à l’adoption de la monnaie européenne. Il se prononce également pour le retrait des soldats polonais engagés en Afghanistan. Issu d’une famille d’aristocrates, le comte Bronislaw Komoroswki a été ministre de la Défense de 2000 à 2001 dans le gouvernement de Jerzy Buzek, avant de présider la Diète en 2007. Ancien dissident, il a reçu le soutien de Lech Walesa.
Dans le duo des jumeaux au pouvoir, Jaroslaw Kaczynski était le “cerveau” de la campagne électorale. « Monsieur le président, votre ordre est exécuté ! » lui avait dit par téléphone son frère Lech aussitôt après l’annonce de sa victoire à la présidentielle. Mais bien que Jaroslaw soit un homme politique fort, il n’est pas le meilleur candidat. Il n’est pas marié et n’a pas d’enfants, ce qui n’est pas la meilleure recommandation pour un homme politique dans la Pologne catholique.
“Je vous préviens, Kaczynski c’est un malheur“, a déclaré à la télévision TVN24 M. Walesa, ancien chef de l’Etat qui avait longtemps collaboré avec les frères jumeaux Jaroslaw et Lech Kaczynski, y compris en tant que président au début des années 1990, avant de se brouiller avec eux.
L’image de Jarosław Kaczyński en Pologne est controversée, en raison notamment des crispations qu’il a suscitées suite à son passage à la présidence du Conseil de 2006 à 2007 (instabilité gouvernementale, loi de “lustration”, crise de la santé publique, relations difficiles avec l’Union européenne, etc.). C’est pourquoi, lors de la campagne présidentielle, il tente de séduire la frange centriste de l’électorat en faisant de la solidarité son thème prioritaire, après les importantes inondations qui ont touché le pays. Il modère aussi son discours anti-russe et anti-allemand. Cette stratégie semble se révéler efficace, puisque dans les dernières semaines, le candidat de Droit et justice a refait une partie de son retard sur le président par intérim. Eurosceptique et conservateur, Jarosław Kaczyński est réticent à l’adoption par son pays de l’euro et se prononce contre l’homosexualité et l’avortement.
A 36 ans, Grzegorz Napieralski est le candidat des sociaux-démocrates (SLD). Son score (13,7%) a créé la surprise. Il s’apparente pour la gauche, absente de la scène politique depuis cinq ans, à une résurrection. Née sur les ruines du Parti communiste, rénovée, libérale et résolument moderne, elle avait infligé en 1995 un camouflet cinglant aux héritiers du mouvement Solidarité. Non content de faire mordre la poussière au président Lech Walesa, son jeune et fringant leader, Aleksander Kwasniewski, avait été réélu haut la main en 2000. Les sociaux-démocrates s’étaient maintenus au pouvoir avant que les Polonais, envoûtés par le chant populiste de la droite et exaspérés par une corruption galopante, lui fassent payer en 2005 le coût social de la transition. Laminée, divisée, la gauche postcommuniste avait sombré dans la marginalité. Elle resurgit aujourd’hui.
La gauche a récupéré une partie de l’électorat capté par le PIS et sanctionne le conservatisme moral de la PO. Bronislaw Komorowski a beau être libéral, il est tout aussi hostile que Kaczynski à l’avortement, à l’euthanasie et au mariage homosexuel. Sur la question religieuse, importante pour la Pologne, Napieralski tient une position anticléricale en exigeant une séparation réelle entre l’Église et l’État.
Grzegorz Napieralski porte des thématiques qui intéressent la jeunesse et qui s’oppose à un certain conservatisme ambiant de la politique polonaise. Napieralski incarne une nouvelle façon de faire de la politique. Il a utilisé les nouveaux médias et a tenté de rompre avec les méthodes des dinosaures qui ont connu Solidarnosc. Lui qui est sorti de l’université au début des années 2000, il incarne une nouvelle génération de politiques.
Le candidat de gauche a créé la surprise en recueillant 13,7% des suffrages. L’issue du second tour dépend en grande partie du choix que feront les électeurs du jeune candidat de gauche ainsi que du taux de participation qui au au premier tour s’élevait à 54,85%, selon les données de la Commission. “Grzegorz Napieralski a gagné un important capital politique qui pourra faire pencher la balance au second tour. On a pu voir déjà les premières tentatives de séduction de la part des deux principaux candidats“, a déclaré le sociologue Edmund Wnuk-Lipinski. Dimanche soir, Komorowski et Kaczynski se sont empressés de féliciter Napieralski. Mais selon les sondages, 66,5% de ses électeurs sont prêts à voter Komorowski au second tour, contre près de 30% pour Kaczynski.

Les trois principaux candidats aux élections présidentielles du dimanche 20 juin, réunis à Varsovie le 20 mai : Grzegorz Napieralski (à gauche), Jaroslaw Kaczynski (au centre, frère jumeau du président décédé) et le chef de l’Etat par intérim, Bronislaw Komorowski (à droite).

COHABITATION OU FAIT MAJORITAIRE ?
Le président en Pologne a un pouvoir de blocage qu’il ne faut pas négliger (ratification du traité de Lisbonne). Il peut bloquer un projet de loi par exemple. Lech Kaczynski était capable de provoquer beaucoup d’incidents et de bloquer des lois. La situation s’avère donc assez difficile quand le président et le Premier ministre ne sont pas du même camp. Le régime de cohabitation en place depuis 2007 a incité son gouvernement à interpréter la Constitution de manière à écarter au maximum le Président des décisions importantes, ne lui laissant guère d’autre pouvoir que son droit de veto.
Les deux candidats n’ont pas la même vision du président : Jaroslaw Kaczynski voudrait renforcer les pouvoirs du président à l’image du système français tandis que Bronislaw Komorowski se rapprocherait plus du système allemand avec un Premier ministre fort.
La Constitution polonaise accorde l’essentiel des pouvoirs politiques au gouvernement, que dirige Donald Tusk (PO). Mais le président peut opposer son veto à des lois, procède à nombre de nominations dont le gouverneur de la Banque centrale, il influence en outre la politique étrangère et de sécurité. Lech Kaczynski, élu en 2005, avait ainsi bloqué certaines réformes d’inspiration libérale voulues par le gouvernement Tusk, comme les retraites, la santé ou les médias, et la fameuse ratification du Traité de Lisbonne.
Le Premier ministre Donald Tusk redoute que son frère de Lech Kaczynski, en cas d’élection, ne perpétue cette tradition du veto et transforme la présidence en quartier général du parti Droit & Justice en vue des législatives de l’année prochaine.

PREMIER DEBAT

Le conservateur a cherché à rompre avec son ancienne image de batailleur et à se montrer sous les traits d’un homme de réconciliation et de compromis, qu’il a adoptés depuis la catastrophe de Smolensk. Le libéral s’est montré plus agressif vis-à-vis de son rival, pour rompre à l’inverse avec son image d’homme trop conciliant et sans charisme. Il a aussi courtisé les électeurs de gauche en faisant passer des messages clairs sur l’Afghanistan et la fécondation in vitro, des questions que le parti social-démocrate veut voir réglées en Pologne.
A la fin du débat, M. Komorowski lui a offert un exemplaire de la Constitution polonaise portant une inscription: “L’entente est constructive car la Pologne est ce qui compte le plus”, une formule qui associe les deux slogans électoraux des candidats. Signée par les deux candidats, cette Constitution doit être mise par la suite aux enchères lors d’une action caritative en faveur des Polonais affectés par les inondations dévastatrices de mai et juin.
“Dans la vie comme dans le football et dans toutes les disciplines sportives, c’est la prolongation qui est la plus difficile”, a déclaré M. Komorowski immédiatement après l’annonce des résultats des sondages à la sortie des bureaux de vote, dimanche soir. “Soyons-en conscients, mobilisons nos forces et toute notre énergie pour cette finale de la course présidentielle“, a-t-il ajouté. “La clé de la victoire, c’est la foi, c’est la conviction qu’il est possible et qu’il est nécessaire de gagner”.


MAJ : 5-7-2010 > Au terme d’une course trés serrée, le candidat libéral Bronislaw Komorowski est élu avec 53,01% des voix au second tour de la présidentielle. “Gagner et se reposer sur ses lauriers c’est perdre; perdre et ne pas se laisser vaincre est une victoire”, a-t-il affirmé en citant le maréchal Jozef Pilsudski, père de l’indépendance polonaise en 1918.
Rendez-vous pour les prochaines municipales et législatives en 2011.
SOURCES : L’Humanité, TV5 Monde, AFP, Le Monde, Le Figaro, Libération, RFI, France24, Al Jazeera…
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AVRIL-MAI 2010
FIN DE PARTI EN GRANDE-BRETAGNE

Les 1ers débats télévisés dans une campagne électorale en Grande-Bretagne
Au lieu d’un scrutin marqué par les nouveaux outils internet, ce sont les débats télévisés, grands classiques dans de nombreux pays, qui ont passionné les électeurs britanniques et ouvert plus largement la course.
Le succès des débats a fait mentir les prédictions d’une élection influencée par l’internet, sur le modèle de la campagne de Barack Obama en 2008 : les partis ont utilisé timidement les nouveaux outils comme Facebook et Twitter, et la principale fonction de ce site, si actif pendant les élections iraniennes, a consisté en Grande-Bretagne à faire circuler des réactions des observateurs et des hommes politiques pendant et après les débats.

“Cameron a été très bon, Clegg a été convenable mais loin d’être impressionnant. Gordon Brown, dans ce qui devait être son débat car axé sur l’économie, son domaine de prédilection, n’a pas été bon du tout” a jugé Victoria Honeyman, analyste politique à l’université de Leeds.
En raison de l’énorme impact des trois joutes sur le petit écran, les premières dans l’histoire du Royaume-Uni, l’ordre du jour a largement échappé aux journaux. En 2010, l’incertitude quant au résultat, la possibilité d’un Parlement sans majorité et le manque de différences fondamentales sur le plan économique entre les trois partis ont accentué la marginalisation de la presse écrite. Malgré cette perte d’influence, la plupart des titres de la presse écrite sont restés fidèles à une longue tradition, en donnant des consignes de vote.
“Ces prises de position sont de la gesticulation. Depuis 1992, la presse écrite ne fait plus l’élection”.

Tous les partis ne sont pas ravis du changement induit par les débats télévisés. Le Labour s’est plaint que l’attention prêtée aux performances des leaders ait éclipsé le contenu des programmes. “Il est question de l’avenir de notre pays. Pas de désigner celui qui va être le présentateur d’un nouveau jeu télévisé”, a déclaré M. Brown à l’Observer, ironisant sur l’aisance de son adversaire devant les caméras. “Les deux grands partis regrettent peut-être d’avoir offert une telle tribune aux libéraux-démocrates”, a souligné Vernon Bogdanor, professeur de sciences politiques à l’Université d’Oxford, tandis que le Times assurait : “Le destin politique des leaders des partis –et l’avenir du pays– ont été profondément influencés par ces débats”.
Huit millions de Britanniques ont regardé cette émission sur la BBC, soit beaucoup plus que les 6,7 millions de téléspectateurs du feuilleton populaire “Coronation street” ou les 3,4 millions qui ont préféré la demi-finale de l’Europa League de football entre Liverpool et l’Atletico Madrid.

Deux enseignements :

  • Kate Stanley, une responsable du centre de recherche en politique publique IPPR : « Il n’est pas certain que des personnalités comme Gordon Brown puissent accéder à la direction d’un parti dans cette nouvelle ère : on ne pourra plus avoir un leader d’un grand parti qui ne soit pas aussi un grand débatteur et un grand orateur »…
  • Mark Leonard, director of the European Councilon Foreign Relations : “Never before has someone with M. Clegg’s views and intricate inside knowledge of European politics ‘reached these heights in British politics”.

Inconfortable opportunité : les lib-dems tiennent là leur première chance d’entrer au gouvernement depuis 90 ans. Mais il leur faudra pour cela accepter de dissoudre leurs idées dans un gouvernement de coalition, conduit par les héritiers du thatchérisme, et réputé pour son opposition à l’intégration européenne.
MàJ : 11 MAI 2010 – Les libéraux-démocrates rejoignent les conservateurs pour former un gouvernement de coalition.

[Point de vue de l’Express sur les sujets à risque].

UN TOURNANT DANS LA CAMPAGNE :
“One minute you are popping round the corner for a loaf of white sliced, and the next you are changing the course of British politics” (The Telegraph)…

* En campagne à Rochdale, dans le nord de l’Angleterre, le Premier Ministre discute avec une électrice, Gillian Duffy, une veuve âgée de 65 ans. Celle-ci affirme avoir toujours voté travailliste et lui demande comment il compte régler le déficit public, l’immigration en provenance d’Europe de l’Est, les retraites et les frais d’inscription à l’université. Visiblement agacé par cette discussion, le Premier ministre fait part de son mécontentement à son staff une fois rentré dans sa voiture: “Ça a été un désastre, ils n’auraient jamais dû me mettre avec cette femme. De qui est cette idée? C’est ridicule”. Les quotidiens diffuseront largement l’enregistrement du micro resté ouvert…
SOURCES : Le Monde, le Journal du Dimanche, Le Nouvel Observateur, les Echos, L’Express, France Soir, The Guardian, Agence France Presse, Reuters, The Telegraph.
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http://www.youtube.com/watch?v=2POembdArVo&

http://www.dailymotion.com/video/xoryo9_nicolas-sarkozy-au-contact-des-francais-de-tous-ages_news)

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